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Black Point Settlement – Great Guana Cay
24.10155° N 076.40054° O
Nous avons quitté Staniel Cay avec la marée haute, le 3 janvier, pour nous rendre un peu plus au sud à Black Point. Nous pensions initialement faire un peu de lavage et aller faire un tour au célèbre Lorraine’s Cafe. La distance entre Big Rock Cut et Dotham Cut par le sound (côté est des Exumas) est d’environ 5 NM. Nous avons à peine eu le temps de mettre les lignes à l’eau que nous étions arrivés. Ce fut toutefois suffisant pour remonter un charmant barracuda que nous avons rapidement remis à l’eau; lui un peu fatigué et nous avec tous nos doigts. Nous le remercions de sa coopération pendant le retrait de l'hameçon. Même avec des pinces, la proximité avec les dents est quelque peu inconfortable.
Dommage de remettre une si belle prise à l’eau? Pas vraiment. Pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais pêché dans le sud, sachez que certaines espèces de poissons sont susceptibles de provoquer un empoissonnement à la ciguatera. En gros, les grands poissons prédateurs accumulent des quantités importantes de toxines présentes dans les récifs coraliens et nous les refilent lorsque nous décidons d’en faire notre souper. La règle à bord: au moindre doute le poisson retourne à l'eau. Il y a toujours des pâtes et de l'huile d'olive si nous sommes mal pris!
Nous sommes donc rentré de la mer par le Dotham Cut, une des passes les plus faciles à naviguer selon les guides. Elle est effectivement large et sans trop d’obstacles, mais il fallait voir les remous et la vague. Toutes voiles dehors et assistée du moteur, M avançait à moins de 3 nœuds! C’était bien drôle de se mettre à la queue leu-leu pour attendre notre tour avant de nous élancer dans la marmite. Si vous devez passer par là, nous avons trouvé que le courant était plus faible du côté nord de la passe.
Nous sommes finalement arrivés au mouillage de Black Point avec un vent du nord-ouest plus fort que prévu et M a passé une partie de la journée à sa balancer et à rouler sur sa chaine… Rien de bien nouveau quoi. Le lavage s’est finalement fait sur le bateau et ce n’est qu’en après-midi que nous sommes allés chasser au sud de l‘ile. Sans résultat; les poissons étaient minuscules et le fond marin et les coraux assez mal-en-point.
À défaut de pêcher nous-mêmes le souper, nous avons fait une réservation chez Lorraine’s Cafe à l'aide de la radio VHF et avons déguster l’assiette typique du coin : poisson ou poulet accompagné de salade de patates et de riz aux fèves noires. Difficile à croire vu les installations rudimentaires, mais le poisson était à se rouler par terre. Ici, pas de menu et pas de prix. Lorraine vous présente les spéciaux du jour à votre arrivée et vous lui faites confiance pour les prix. Il faut compter environ 60$ pour deux boissons, deux assiettes et le pourboire. Si Lorraine est seule et que son aide n’est pas sur place, vous serez invités à vous servir vous-mêmes au bar et à indiquer vos consommations sur un Post-it! La confiance est à double sens ici.
Aspect ennuyant mais tellement important: une remorque est installée au quai gouvernemental, qui sert aussi de dinghy dock, et vous pouvez y laisser vos déchets. Une contribution volontaire est suggérée. Il y aussi un robinet d’eau potable vers le sud, du côté est de la rue principale. J'aime bien le concept de contribuer ce que l'on peut, plutôt que d'imposer des frais fixes comme cela se fait ailleurs.
Lee Stocking Island
Caribbean Marine Research Center Anchorage 23.77151° N 076.10433° O
Twin Beaches Anchorage 23.76027° N 076.08719° O
Le lendemain matin, 4 janvier, nous avons pris la route du sud par le banc (côté ouest de la chaine des Exumas généralement mieux protégé du vent et de la vague) jusqu'à Galliot Cut. La destination originale étant Georgetown, 50 NM plus au sud, nous avons viré l’ancre vers 0640h. Nous sommes arrivés avec une bonne heure d’avance sur la marée haute à Galliot Cut ce qui nous donnait encore pas mal de courant, près de 3 nœuds, dans le nez. De loin, la passe avait l’air redoutable, mais en s’approchant, le chemin entre les déferlantes s’est précisé et la sortie en mer s’est très bien déroulée.
Une fois en mer par contre, les conditions étaient musclées. La mer était déjà bien formée et le vent et la vague annonçait une longue et pénible journée de navigation au près serré. À la sortie de la passe, j’ai à quelque reprise perdu de vue Rêve d’Océan qui disparaissait complètement derrière les vagues à peine un demi-mille derrière nous. La journée s’annonçait longue, mais nous avions encore quelques heures avant que le vent ne vire encore plus au sud. Avec Léane1, nous avons décidé de poursuivre afin de nous rapprocher de Georgetown. Les vents devaient diminuer au fur et à mesure qu'ils deviendraient sud, donc le pire devait être déjà derrière nous. Rêve d’Océan, plus raisonnable est retourné sur le banc par la passe suivante, Cave Cay Cut. Nous aurions du faire de même.
J’étais sous l’impression que la navigation dans les Exumas était généralement bien tranquille. Me voilà corrigée. Nous avons rencontré des vagues franchement plus grosses que ce que nous avions anticipé. Heureusement, M et le pilote ne s’en sont pas formalisé. D'autres pièces d'équipement ont par contre eu une opinion contraire. Pendant un cours instant, la mer semblait vouloir se calmer et le vent se plier aux prévisions de la météo. Mais non, c’eût été trop simple. Ainsi donc, au lieu de baisser à un confortable 15 nœuds, le vent s'est stabilisé à une vingtaine de nœuds du sud-est, avec des vagues d’une dizaine de pieds. Nous aurions du faire comme Léane et nous assister du moteur pour forcer l’angle du bateau avec le vent; mais comme nous chouchoutons un peu trop notre moteur, nous lui avons donné congé. Nous avons donc péniblement tiré des bords. La progression était lente, mais la météo pour les deux jours suivants était pire. Rallier Georgetown semblait donc être le choix logique.
La structure des panneaux solaires avait toutefois d'autre plan pour nous! Comme M n'a pas d'arche, nos panneaux sont montés sur une structure tubulaire en inox au-dessus du bimini. Les tuyaux sont assemblés entre eux par des unions femelles où des vis de blocage (set screws) emprisonnent l'extrémité des tuyaux. Dans la théorie, le système fonctionne. Mais cette journée là, il y avait une drôle de bosse qui s'était formée dans le bimini près de la tête de Michel. Avec un peu d’exploration, entre deux vagues bien mouillées, nous avons rapidement compris qu'une partie de la structure des panneaux venait de s’effondrer et que les panneaux utilisaient maintenant le bimini comme hamac. Michel a rapidement sécurisé la structure du panneau qui était encore en place avec une corde, évitant ainsi de tout perdre par dessus bord. Nous avons ensuite mis le cap sur Lee Stocking Island et Adderly Cut. Heureusement que M était là pour nous indiquer où aller.
Vous pouvez rire, mais c’est précisément ce qui s’est passé. Lorsque nous sommes partis ce matin là, nous ne savions même pas que nous pouvions nous arrêter à mi-chemin entre Galliot Cut et Georgetown; les guides mentionnent seulement que c’est la dernière passe praticable avant de rallier Conch Cut et Georgetown. Michel a toutefois remarqué sur le GPS de M qu’elle était déjà passée dans le coin et qu’elle avait même passé la nuit derrière Lee Stocking Island. Tous les points GPS pour l’approche étaient encore en mémoire! Hourra, notre bateau venait de nous proposer un plan B.
Nous étions deux heures trente avant la marée basse, ce qui mettait encore le courant contre le vent et la vague. Mais, avec 25 NM à parcourir avant Georgetown, il n’était pas question de risquer de tout arracher. Disons que sans notre problème de panneaux, nous aurions poursuivi. Les déferlantes dans la passe ne nous inspiraient pas particulièrement et le timing avec la marée était franchement mauvais. Ce fut, sans aucun doute, une très très longue minute. Il y a, juste au sud de la passe, des récifs à fleur d’eau, qui avec la marée descendante montraient leurs pointes acérées. Je faisais donc le guet pendant que Michel s’occupait de garder M avec la vague. Disons qu’il n’aurait pas fallu grand chose pour qu’elle se mette de côté et la minute se serait alors désagréablement prolongée... Je me souviens clairement de regarder l'écume des vagues droit dans les yeux. Faire du surf avec un bateau de 20 000 lbs, ce n'est franchement pas génial. Une minute, nous étions propulsés vers l'avant par des déferlantes bien trop verticales, la suivante, nous étions dans une eau turquoise et presque trop calme. Nos panneaux étaient sauvés et nous allions prendre des vacances en attendant que la météo s’améliore. La journée s'est donc bien terminée et Léane1 a finalement ralliée Georgetown un peu avant 1800h. Les filles de Luc pourraient prendre leur avion à temps!
Nous avons jeté l’ancre près du Carribean Marine Research Center, anciennement financé par la NOAA et quelques universités, mais aujourd’hui abandonné. Une triste réalité dans le coin... Selon les rumeurs, le village du centre de recherche est à vendre avec une partie de l’ile. L’endroit est superbe et nous avions prévu aller visiter le centre de recherche et le marais salant le lendemain matin.
Mais, comme mère nature fait souvent à sa tête, le vent a continué sa course vers le sud-sud-est et la pointe de terre au sud ne nous protégeait plus des vagues. Nous avons donc déménagé au sud de Perry’s Peak où Rêve d’Océan est venu nous rejoindre. Ils avaient réussis à faire la route par le banc à marée haute! Je vous disait qu'ils avaient pris la bonne décision. Nous n’avons pas trouvé de coraux à explorer, mais nous avons observé des raies énormes sous le dinghy dans l’ancrage de Twin Beaches.
Le matin du 6 janvier nous avons repris la route pour Georgetown.
24.10155° N 076.40054° O
Nous avons quitté Staniel Cay avec la marée haute, le 3 janvier, pour nous rendre un peu plus au sud à Black Point. Nous pensions initialement faire un peu de lavage et aller faire un tour au célèbre Lorraine’s Cafe. La distance entre Big Rock Cut et Dotham Cut par le sound (côté est des Exumas) est d’environ 5 NM. Nous avons à peine eu le temps de mettre les lignes à l’eau que nous étions arrivés. Ce fut toutefois suffisant pour remonter un charmant barracuda que nous avons rapidement remis à l’eau; lui un peu fatigué et nous avec tous nos doigts. Nous le remercions de sa coopération pendant le retrait de l'hameçon. Même avec des pinces, la proximité avec les dents est quelque peu inconfortable.
Dommage de remettre une si belle prise à l’eau? Pas vraiment. Pour ceux d’entre vous qui n’ont jamais pêché dans le sud, sachez que certaines espèces de poissons sont susceptibles de provoquer un empoissonnement à la ciguatera. En gros, les grands poissons prédateurs accumulent des quantités importantes de toxines présentes dans les récifs coraliens et nous les refilent lorsque nous décidons d’en faire notre souper. La règle à bord: au moindre doute le poisson retourne à l'eau. Il y a toujours des pâtes et de l'huile d'olive si nous sommes mal pris!
Nous sommes donc rentré de la mer par le Dotham Cut, une des passes les plus faciles à naviguer selon les guides. Elle est effectivement large et sans trop d’obstacles, mais il fallait voir les remous et la vague. Toutes voiles dehors et assistée du moteur, M avançait à moins de 3 nœuds! C’était bien drôle de se mettre à la queue leu-leu pour attendre notre tour avant de nous élancer dans la marmite. Si vous devez passer par là, nous avons trouvé que le courant était plus faible du côté nord de la passe.
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| Dotham Cut en direction est |
À défaut de pêcher nous-mêmes le souper, nous avons fait une réservation chez Lorraine’s Cafe à l'aide de la radio VHF et avons déguster l’assiette typique du coin : poisson ou poulet accompagné de salade de patates et de riz aux fèves noires. Difficile à croire vu les installations rudimentaires, mais le poisson était à se rouler par terre. Ici, pas de menu et pas de prix. Lorraine vous présente les spéciaux du jour à votre arrivée et vous lui faites confiance pour les prix. Il faut compter environ 60$ pour deux boissons, deux assiettes et le pourboire. Si Lorraine est seule et que son aide n’est pas sur place, vous serez invités à vous servir vous-mêmes au bar et à indiquer vos consommations sur un Post-it! La confiance est à double sens ici.
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| Lorraine's Cafe: Rêve d'Océan, Léane1 et Watermusic V sans oublié la bouteille de hot sauce |
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| Élodie et Johanne; À la vôtre! |
Lee Stocking Island
Caribbean Marine Research Center Anchorage 23.77151° N 076.10433° O
Twin Beaches Anchorage 23.76027° N 076.08719° O
Le lendemain matin, 4 janvier, nous avons pris la route du sud par le banc (côté ouest de la chaine des Exumas généralement mieux protégé du vent et de la vague) jusqu'à Galliot Cut. La destination originale étant Georgetown, 50 NM plus au sud, nous avons viré l’ancre vers 0640h. Nous sommes arrivés avec une bonne heure d’avance sur la marée haute à Galliot Cut ce qui nous donnait encore pas mal de courant, près de 3 nœuds, dans le nez. De loin, la passe avait l’air redoutable, mais en s’approchant, le chemin entre les déferlantes s’est précisé et la sortie en mer s’est très bien déroulée.
Une fois en mer par contre, les conditions étaient musclées. La mer était déjà bien formée et le vent et la vague annonçait une longue et pénible journée de navigation au près serré. À la sortie de la passe, j’ai à quelque reprise perdu de vue Rêve d’Océan qui disparaissait complètement derrière les vagues à peine un demi-mille derrière nous. La journée s’annonçait longue, mais nous avions encore quelques heures avant que le vent ne vire encore plus au sud. Avec Léane1, nous avons décidé de poursuivre afin de nous rapprocher de Georgetown. Les vents devaient diminuer au fur et à mesure qu'ils deviendraient sud, donc le pire devait être déjà derrière nous. Rêve d’Océan, plus raisonnable est retourné sur le banc par la passe suivante, Cave Cay Cut. Nous aurions du faire de même.
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| À la sortie de Galliot Cut |
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| En route pour Georgetown. Heureusement le génois est coupé haut. |
Vous pouvez rire, mais c’est précisément ce qui s’est passé. Lorsque nous sommes partis ce matin là, nous ne savions même pas que nous pouvions nous arrêter à mi-chemin entre Galliot Cut et Georgetown; les guides mentionnent seulement que c’est la dernière passe praticable avant de rallier Conch Cut et Georgetown. Michel a toutefois remarqué sur le GPS de M qu’elle était déjà passée dans le coin et qu’elle avait même passé la nuit derrière Lee Stocking Island. Tous les points GPS pour l’approche étaient encore en mémoire! Hourra, notre bateau venait de nous proposer un plan B.
Nous étions deux heures trente avant la marée basse, ce qui mettait encore le courant contre le vent et la vague. Mais, avec 25 NM à parcourir avant Georgetown, il n’était pas question de risquer de tout arracher. Disons que sans notre problème de panneaux, nous aurions poursuivi. Les déferlantes dans la passe ne nous inspiraient pas particulièrement et le timing avec la marée était franchement mauvais. Ce fut, sans aucun doute, une très très longue minute. Il y a, juste au sud de la passe, des récifs à fleur d’eau, qui avec la marée descendante montraient leurs pointes acérées. Je faisais donc le guet pendant que Michel s’occupait de garder M avec la vague. Disons qu’il n’aurait pas fallu grand chose pour qu’elle se mette de côté et la minute se serait alors désagréablement prolongée... Je me souviens clairement de regarder l'écume des vagues droit dans les yeux. Faire du surf avec un bateau de 20 000 lbs, ce n'est franchement pas génial. Une minute, nous étions propulsés vers l'avant par des déferlantes bien trop verticales, la suivante, nous étions dans une eau turquoise et presque trop calme. Nos panneaux étaient sauvés et nous allions prendre des vacances en attendant que la météo s’améliore. La journée s'est donc bien terminée et Léane1 a finalement ralliée Georgetown un peu avant 1800h. Les filles de Luc pourraient prendre leur avion à temps!
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| Enfin sur le banc, à l'est de Adderly Cut |
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| Vue de Adderly Cut le lendemain dans une meilleure météo (la passe se situe au sud de l'ile la plus éloignée) |
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| Carribean Marine Research Center à l'abandon |
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| Remise en place de la structure des panneaux. Heureusement, aucun dommage à rapporter. |
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| Nous sommes déménagés après que la vague du sud soit devenue trop inconfortable |
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| Ancrage de Twin Beaches au sud de Perry's Peak |
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| Ancrage de Twin Beaches; un sentier relie la plage nord à la côte est de l'ile. La plage sud est privée. |
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| Exumas Sound vue de Lee Stocking Island |
En différé; nous finirons bien par régler la question du téléphone et de l’Internet.
Nous sommes partis tôt de Deltaville pour profiter d’un vent portant du NE qui devait nous mener vers Hampton. Nous avons fait de notre mieux pour profiter de notre dernière journée de voile avant quelques semaines, mais la vague ne nous a pas rendu la tâche facile. La baie avait été tranquille dans les derniers jours et faisait plutôt penser à un lac, mais c’est après une nuit de vent qu’il est possible de réaliser à quel point elle est grande.
Plus au large, il y avait de la houle; près du haut-fond à l’ouest, les vagues courtes déferlaient sur la coque du bateau. Bâbord amure, elles faisaient rouler le bateau exagérément; tribord, elle nous portaient confortablement. Mais c’est exactement entre les deux qu’il fallait aller. Nous avons d'abord essayés de mettre les voiles en ciseau (grand-voile d’un côté et génois de l’autre pour prendre le vent parfaitement sur l’arrière du bateau) sans tangonner le génois, mais le roulement du bateau dans la vague le refermait toujours sur lui-même. C’était le temps où jamais d’essayer le tangon pour maintenir le génois ouvert. Ce ne fut pas un grand succès; manœuvrer à l’avant du bateau dans quatre à cinq pieds de vagues n’est pas le moment idéal pour essayer quelque chose la première fois et à première vue, le tangon est un peu long.
Nous avons finalement décidé de sortir le spi lorsque le vent a baissé dans les douze nœuds, une manœuvre beaucoup plus habituelle pour nous et normalement sans histoire. Un peu pénible avec la vague résiduelle, mais bon, on se tient comme il faut et la voile fini par monter sans problème. C’est aussi sans problème que la manille du point d’amure s’est ouverte et que le spi est parti en drapeau vers l’avant du bateau… Oh joie. J’en ai eu pour une bonne heure à tout ramener sur le pont, démêler les drisses et les écoutes et remettre le tout en place. Avoir été sur l’autre amure, j’aurais simplement pu l’étouffer dans la chaussette, rattacher le point d’amure et le lancer à nouveau, mais, comme j’ai du l’étouffer du mauvais côté, tout s’est rapidement entortillé. Je peux seulement dire que ce n’est pas extra pour le mal de mer que de passer une heure sur le pont avant à sa battre avec beaucoup, beaucoup de tissus et à être trop occupée pour regarder autour.
La journée s’est finalement terminée à moteur, la baie étant revenue à son aspect de lac des derniers jours. C’est probablement ce qui m’aura permis d’apercevoir trois taches foncées sur tribord. Encore des filets de pêche… ça finira bien par finir. Mais non, c’était des dauphins!!! Nous espérions les voir venir vers nous, mais à la quantité de bateau qu’il y a dans le coin, ils doivent commencer à être sérieusement blasés. Ce sera pour une prochaine fois.
Notre plan initial était de nous rendre à la marina publique de Hampton (Hampton Municipal Piers) pour prendre un quai, faire du lavage et visiter un peu. À notre arrivée, nous avons malheureusement appris que la marina était pleine, le Hampton Snowbirds Rendezvous avait lieu ce weekend et toutes les marinas du coin ont été réquisitionnées. Nous nous sommes donc ancrés en face de la marina avec cinq autres bateaux. Je grince toujours des dents quand quelqu’un vient s’ancrer à quelques mètres de M; cette fois c’était nous le bateau trop proche. Je grinçais des dents quand même, ce n’est pas une position confortable à avoir. Au moins, la météo annonçait des vents faibles pour la nuit.
Une fois l’ancre bien accrochée, nous sommes rentrés prendre nos douches et surprise, le plancher crépitait. Oui, oui, comme s’il y avait quelque chose dessous. Nous avons tout ouvert, cherchant en vain la source du bruit. Le son était plus clair près des passe-coques. Nous avons un instant pensé à un câble électrique pris dans l’ancre, mais ces choses là sont généralement clairement indiquées. C’était incompréhensible; encore plus, lorsque New Liverpool nous a dit entendre la même chose sur son bateau… Michel a finalement découvert pendant la nuit, en cherchant sur Internet, que ce que nous entendions c’était des snapping shrimps. Des crevettes, rien de plus!
Voici un extrait sonore trouvé sur Internet. Sur le bateau c’était moins fort et moins constant, mais c’est exactement ce que nous cherchions sous les planchers.
Nous sommes partis tôt de Deltaville pour profiter d’un vent portant du NE qui devait nous mener vers Hampton. Nous avons fait de notre mieux pour profiter de notre dernière journée de voile avant quelques semaines, mais la vague ne nous a pas rendu la tâche facile. La baie avait été tranquille dans les derniers jours et faisait plutôt penser à un lac, mais c’est après une nuit de vent qu’il est possible de réaliser à quel point elle est grande.
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| Départ de Deltaville |
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| Beau début de journée sur la Chesapeake, M est encore protégée des vagues par la pointe de Deltaville. |
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| New Liverpool II |
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| Voiles en ciseau |
La journée s’est finalement terminée à moteur, la baie étant revenue à son aspect de lac des derniers jours. C’est probablement ce qui m’aura permis d’apercevoir trois taches foncées sur tribord. Encore des filets de pêche… ça finira bien par finir. Mais non, c’était des dauphins!!! Nous espérions les voir venir vers nous, mais à la quantité de bateau qu’il y a dans le coin, ils doivent commencer à être sérieusement blasés. Ce sera pour une prochaine fois.
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| Concurrents de la Great Chesapeake Bay Schooner Race en route pour Norfolk |
Une fois l’ancre bien accrochée, nous sommes rentrés prendre nos douches et surprise, le plancher crépitait. Oui, oui, comme s’il y avait quelque chose dessous. Nous avons tout ouvert, cherchant en vain la source du bruit. Le son était plus clair près des passe-coques. Nous avons un instant pensé à un câble électrique pris dans l’ancre, mais ces choses là sont généralement clairement indiquées. C’était incompréhensible; encore plus, lorsque New Liverpool nous a dit entendre la même chose sur son bateau… Michel a finalement découvert pendant la nuit, en cherchant sur Internet, que ce que nous entendions c’était des snapping shrimps. Des crevettes, rien de plus!
Voici un extrait sonore trouvé sur Internet. Sur le bateau c’était moins fort et moins constant, mais c’est exactement ce que nous cherchions sous les planchers.
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| Fish and chips chez Marker 20 à quelques pas du dinghy dock |
Journée tranquille et sans évènement. Nous sommes partis assez tard de Mill Creek, dans Great Wicomico River, pour nous rendre à Deltaville. Nous avons bien essayé de profiter d’une de nos dernières journées de voile avant de prendre la route de l’Intracostal, mais après une heure à tirer des bords sans progresser, nous nous sommes résignés à rentrer les voiles et à démarrer le moteur. Quel dommage!
Nous sommes, ce soir, ancrés à Jackson Creek au sud de Deltaville. L’approche par le chenal balisé est assez particulière. En gros, il faut commencer par se faufiler entre deux énormes piliers d’acier; poursuivre la route comme si vous souhaitiez entrer dans le salon de la maison en bord de mer; juste avant de vous échouer sur la plage (nous visons le salon ne l’oublions pas) virer à gauche et longer les bouées vertes d’aussi près que possible. Un peu trop sur la droite et il y a moins de 2 pieds d’eau! Si c’est un avant-goût des hauts fonds de l’Intracostal, nous n’aurons pas le temps d’être distraits dans les semaines à venir, c’est certain.
Puisque nous sommes arrivés tôt, nous en avons profité pour aller faire un tour en ville. Notre marche nous a mené bien au-delà des trottoirs pavés et c’est par le bord de la route que nous avons rejoins le West Marine et la poissonnerie. Une douzaine d’huitres pour 7,25$! Dire qu’à Annapolis, on en demandait souvent 2$ l’unité… C’était un (enfin deux avec le retour) mille à pied bien investit, elles étaient délicieuses. La journée s’est finalement terminée par notre premier 5 à 7 du voyage dans le cockpit de M. Belle façon de finir la journée et de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage!
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| Nous aurons bien essayé, mais en vain. |
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| Il faut se faufiler ici |
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| Puis là... toujours vers la maison (Léane sur la photo) |
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| Et lorsqu'on est sur le point de s'échouer, on tourne à gauche (Léane sur la photo) |
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| J&W Seafood. Regardez-moi ces cactus en fleurs! |
En différé; pas de réseau ni d’Internet à notre arrivée en Virginie.
Après une superbe navigation de dix heures mardi au départ de St-Michaels, dont huit sous spi, nous sommes arrivés à Solomons Island dans le brouillard, juste avant la noirceur. Nous y avons rejoins Léane et New Liverpool II déjà mouillés dans Mill Creek. Nous avions l’intention d’aller visiter le Calvert Maritime Museum le lendemain, mais avec un peu de recherche nous en avons conclu que ce serait une répétition de St-Michaels, le charme en moins.
C’est donc parmi une procession d’une douzaine de bateaux que nous avons quitté Solomons Island, mercredi matin, évitant les crab pots en file indienne jusqu’à l’embouchure de la Patuxent River; pour finalement reprendre la direction du sud sur la Baie de Chesapeake. Les bernaches qui étaient sur la rive devaient bien se demander ce que nous faisions tous là à naviguer en formation. Désolée mesdames, depuis ce matin, vous n’avez plus l’exclusivité, nous aussi avons rejoins la grande migration. C’était d’ailleurs évident hier soir en arrivant à notre mouillage de Mill Creek (et oui une autre, c’est comme les rues de l’Église chez nous!) dans Great Wicomico River où tous les bateaux s’étaient à nouveau regroupés pour la nuit. Les bernaches aussi d’ailleurs.
Nous aurons finalement parcouru la distance entre Solomons et Wicomico River à moteur, le vent ne souhaitant pas faire partie de l’aventure. Notre anémomètre a aussi décidé de s’absenter pour la journée et ce n’est qu’à notre arrivée à Ingram Bay, à environ trois miles de notre mouillage, qu’il a décidé de reprendre du service. Il semblerait que nous ayons une araignée très déterminée qui habite en haut du mât… Il ne nous reste plus qu'à espérer qu’elle ne s’installe pas trop confortablement là haut. Pas de problème avec les hauteurs, mais je n’ai pas trop le goût d’aller rencontrer l’auteure de toiles aussi solides avec aussi peu de distance entre elle et moi.
Une fois le soleil bien installé, j’en ai profité pour faire un peu de lavage… encore. Après la semaine de pluie que nous avons eue, le dessous du matelas commençait à cultiver de la moisissure. Nous avions fait bien attention de sélectionner un matelas en latex et non en mousse pour justement éviter les problèmes liés à l'humidité. Malheureusement, nous n’avions pas pensé à la composition de la housse… C’est immanquable, il y a toujours un petit détail qui nous échappe mais qui peut causer de sérieux problèmes. Dans le cas présent, le coton supporte très mal l’humidité. Nous aurions du y penser. Un peu d’eau de Javel et une laveuse bien chaude devraient régler le problème, mais entre temps mes efforts avec une brosse à plancher et du savon n’auront pas fait grand chose. Je ne sais pas comment ça se passe sur les autres bateaux; mais en réduisant notre superficie habitable de plus de 80%, je m’attendais à ce que le ménage diminue en conséquence. Il me semble qu’à l’inverse, le temps que je lui consacre a augmenté de façon exponentielle.
Panique à bord en arrivant dans notre mouillage de Mill Creek! Bon pas vraiment, mais j’ai certainement rebaptisé le téléphone une centaine de fois en moins de quinze minutes… Notre fantastique téléphone Virgin n’avait ni réseau, ni Internet et refusait de charger sa batterie qu’il maintenait entre 0 et 3 pourcent de charge. Il est passé à deux doigts d’apprendre à nager. Le problème n’est pas tant le téléphone, mais la raison principale pour laquelle nous l’avons à bord; soit appeler les douaniers à chaque changement d’état. De façon générale, j’ai toujours eu quelqu’un de sympathique et de compréhensif à l’autre bout du fil, mais cela n’a pas été le cas pour tous les équipages cette année. Certains se sont même retrouvés avec des avertissements écrits. L’étape suivante : une amande de 5 000$! Dire que le plupart des snowbirds canadiens passent la frontière avec un véhicule récréatif de 52 pieds et n’ont plus jamais à se rapporter pour les six mois qu’ils passent sur les routes américaines. C’est à n’y rien comprendre!
Le téléphone a été sauvé de la noyade in extrémis par l’équipage de Léane qui nous a très gentiment prêté leur iPad, connecté avec AT&T. Nous avons pu ainsi rejoindre les douaniers par Skype. Merci! Leur connexion Internet avec AT&T était assez rapide pour utiliser Skype, et de notre côté, nous n'avions même pas de réseau cellulaire… Nous n’avons franchement aucune félicitation à faire à notre compagnie de téléphone; ou devrais-je dire, notre ex-compagnie de téléphone. Nous chercherons donc une carte SIM AT&T pour l’iPhone de Michel lorsque nous arriverons à Hampton.
Après une superbe navigation de dix heures mardi au départ de St-Michaels, dont huit sous spi, nous sommes arrivés à Solomons Island dans le brouillard, juste avant la noirceur. Nous y avons rejoins Léane et New Liverpool II déjà mouillés dans Mill Creek. Nous avions l’intention d’aller visiter le Calvert Maritime Museum le lendemain, mais avec un peu de recherche nous en avons conclu que ce serait une répétition de St-Michaels, le charme en moins.
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| On ne l'aura pas apporté pour rien! |
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| Approche vers Solomons Island |
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| Solomons City Dock. Pumpouts et eau potable gratuits. Nous n'avons pas pris le risque de nous y amarrer. L'espace est assez limité entre le quai et les piliers. |
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| New Liverpool II à la sortie de Patuxent River |
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| Bel après-midi ensoleillé pour notre arrivée dans Ingram Bay |
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| Notre matelas en latex de chez IKEA (photo du mois du juin) |
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| Que nous avons coupé pour épouser la forme du lit. (photo du mois de juin) |
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| Pour ensuite découdre la housse, la tailler et la recoudre. (photo du mois de juin) |
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| Pour finalement la regarder moisir après une semaine de pluie... Heureusement le latex n'est pas affecté. |
Le téléphone a été sauvé de la noyade in extrémis par l’équipage de Léane qui nous a très gentiment prêté leur iPad, connecté avec AT&T. Nous avons pu ainsi rejoindre les douaniers par Skype. Merci! Leur connexion Internet avec AT&T était assez rapide pour utiliser Skype, et de notre côté, nous n'avions même pas de réseau cellulaire… Nous n’avons franchement aucune félicitation à faire à notre compagnie de téléphone; ou devrais-je dire, notre ex-compagnie de téléphone. Nous chercherons donc une carte SIM AT&T pour l’iPhone de Michel lorsque nous arriverons à Hampton.
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| Mill Creek, VA à l'aurore. Dix minutes plus tôt, le ciel était fuschia; mais la couette était trop confortable. |
Nous sommes arrivés à St-Michaels après environ une heure de navigation sous moteur et génois. En fait, juste assez pour avoir un peu d’eau tiède afin de prendre une douche avant d’aller en ville. Il est vraiment temps que nous installations la nouvelle anode de la génératrice; nous pourrons enfin avoir de l’eau chaude lorsque nous le voudrons. Entre temps, brrrr.
Le mouillage de Fogg Creek est un peu serré, mais comment se plaindre? Nous avons une connexion Internet gratuite, le musée maritime est à 100 mètres du bateau et la ville offre un dinghy dock gratuit; difficile de faire mieux. Le village de St-Michaels est exactement ce à quoi nous rêvions lorsque nous préparions le voyage. La rue menant du dinghy dock jusqu’à la rue principale, Talbot Street, est bordée de gites charmants aux jardins décorés pour Halloween et Thanksgiving. La rue principale a de jolies boutiques, quelques restos, un super bar laitier et une épicerie ACME parfaitement située à quelques minutes de marche du quai. Tout est propre, chaque lampadaire a sa décoration d’Halloween et son bouquet de feuilles de maïs, toutes les maisons sont impeccables; c’est le parfait village. Juste assez touristique, mais pas trop. Si tous les villages du coin étaient comme ici, nous pourrions y passer des mois sans nous ennuyer.
Depuis jeudi, à la météo maritime sur la VHF, nous entendons des avertissements d’inondation pour les régions alentours. Au début, nous croyions que ces avertissement étaient liés à la pluie, parfois très forte des derniers jours. Mais en arrivant en ville, tout s’est éclairci. Nous semblons être en période de grandes marées. Heureusement, pas de vagues aujourd’hui, car la terrasse et la cuisine du restaurant adjacent au dinghy dock n’avaient plus que quelques centimètres avant d’être complètement recouvertes.
Le musée maritime vaut vraiment le déplacement. Il regroupe un tas de vieux bateaux, tous à différents stade de restauration, des bâtiments historique comme une vieille usine de transformation du crabe et une conserverie pour les huitres, un des derniers phares sur vérins (screwpiles) de la Baie et un petit chantier naval qui assure la restauration des navires du musée. Il est même possible d’être apprentis au chantier pour la journée si le cœur vous en dit.
J’ai un faible pour les phares depuis que nous avons navigué autour de celui du Haut-fond Prince, surnommée la Toupie, sur le Fleuve Saint-Laurent. Il n’est donc pas étonnant que le point fort du musée, pour moi, eut été le Hooper Strait Lighthouse (circa 1879). Dans la deuxième moitié du 19e siècle, la Baie de Chesapeake a pris un essor considérable grâce, entre autre, à la pêche aux huitres. Le trafic maritime a conséquemment connu une croissance sans précédent. À un certains moments, une cinquantaine de phares parsemaient les eaux peu profondes de la Baie. Parmi eux, les screwpile lighthouses. Ils étaient construits sur sept pilotis, en fait sept piliers d’acier avec une énorme tête de vis à une extrémité, qui pouvaient être vissés dans la vase. Cette technique permettait d’assurer une meilleure stabilité à la construction et d’éviter que les piliers ne soient arrachés du fond sous l’effet des glaces et des marées durant l’hiver. Le phare de Thomas Point, que je ne peux arrêter de prendre photos à chaque fois que nous passons par South River, est le dernier encore en opération; tous les autres ont été détruits ou remplacés. Celui du musée maritime, a été transporté ici en 1966 lorsque la garde côtière a décidé de le remplacer.
Nous avons fini la journée en espérant pêcher une petite entrée de crabes pour le souper. Ce sont finalement les crabes qui se sont fait un festin de nos gésiers de poulet. Le premier, après m’avoir permis de le remonter à la surface, s’est sauvé avec mon appât. Le deuxième était une demoiselle qui a du retourner à l’eau, les cinq ou six suivants se sont décrochés en remontant, non sans s’être servi un petit encas de poulet avant de partir; et le dernier, énorme et solidement agrippé à son morceau de poulet aurait fait un bel amuse-bouche, mais notre souper était déjà sur la table. Michel l’a donc remis à l’eau avec un peu d’insistance, l’autre ne voulant absolument lâcher son poulet.
Le mouillage de Fogg Creek est un peu serré, mais comment se plaindre? Nous avons une connexion Internet gratuite, le musée maritime est à 100 mètres du bateau et la ville offre un dinghy dock gratuit; difficile de faire mieux. Le village de St-Michaels est exactement ce à quoi nous rêvions lorsque nous préparions le voyage. La rue menant du dinghy dock jusqu’à la rue principale, Talbot Street, est bordée de gites charmants aux jardins décorés pour Halloween et Thanksgiving. La rue principale a de jolies boutiques, quelques restos, un super bar laitier et une épicerie ACME parfaitement située à quelques minutes de marche du quai. Tout est propre, chaque lampadaire a sa décoration d’Halloween et son bouquet de feuilles de maïs, toutes les maisons sont impeccables; c’est le parfait village. Juste assez touristique, mais pas trop. Si tous les villages du coin étaient comme ici, nous pourrions y passer des mois sans nous ennuyer.
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| Mouillage de Fogg Creek. En arrière plan, le musée maritime. |
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| En face du dinghy dock. |
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| Le B&B favoris de Michel |
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| Le plus mignon boot scraper au monde |
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| Justine's Ice Cream Parlor. Mium! |
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| Talbot Street |
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| C'est le dinghy qui est dans le stationnement ou la camionnette qui est dans la rivière? |
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| Parterre d'un gite innondé |
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| Restauration d'un Potomac River Dory Boat (vers 1880-1900) utilisé pour la pêche aux huitres. |
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| Autre bâtiment du shipyard présentement dédié à la restauration de Rosie Parks, un skipjack des années 50 |
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| Rosie Parks, skipjack, circa 1955. |
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| Quelques canards qui s'en sortent très bien, inondations ou pas. |
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| M fait presque partie du musée (en arrière plan). |
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| Edna E. Lockwood, bugeye, circa 1889. Oyster dredger. |
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| Hooper Straight Lighthouse et Edna E. Lockwood |
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| Bâtiment de la Maryland Crab Meat Company |
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| Bâtiment de la Maryland Crab Meat Company |
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| Skypjack pour la pêche aux huitres |
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| Conserves d'huitres. |
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| Musée maritime |
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| Pavillon sur la chasse aux canards. Le fusil sur la chaloupe était fait pour tuer une trentaine de canards en un seul coup. Only in America!? |
J’ai un faible pour les phares depuis que nous avons navigué autour de celui du Haut-fond Prince, surnommée la Toupie, sur le Fleuve Saint-Laurent. Il n’est donc pas étonnant que le point fort du musée, pour moi, eut été le Hooper Strait Lighthouse (circa 1879). Dans la deuxième moitié du 19e siècle, la Baie de Chesapeake a pris un essor considérable grâce, entre autre, à la pêche aux huitres. Le trafic maritime a conséquemment connu une croissance sans précédent. À un certains moments, une cinquantaine de phares parsemaient les eaux peu profondes de la Baie. Parmi eux, les screwpile lighthouses. Ils étaient construits sur sept pilotis, en fait sept piliers d’acier avec une énorme tête de vis à une extrémité, qui pouvaient être vissés dans la vase. Cette technique permettait d’assurer une meilleure stabilité à la construction et d’éviter que les piliers ne soient arrachés du fond sous l’effet des glaces et des marées durant l’hiver. Le phare de Thomas Point, que je ne peux arrêter de prendre photos à chaque fois que nous passons par South River, est le dernier encore en opération; tous les autres ont été détruits ou remplacés. Celui du musée maritime, a été transporté ici en 1966 lorsque la garde côtière a décidé de le remplacer.
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| Hooper Straight Lighthouse (circa 1879) déménagé au musée |
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| Voici l'une des sept vis permettant d'ancrer le phare dans la boue |
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| Fresnel du phare |
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| Si les crabes ont mangé notre poulet, Madame Canard s'est assurée d'obtenir tout notre vieux pain. |
Bonjour and welcome
We're Caroline and Michel.
Water Music is back in the North, looking forward to the next leg of her voyages.
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